Pour paraphraser nombre de comiques troupiers du Web, qui dit nouvelle année dit résolutions qui ne seront pas tenues. Ou qui, au mieux, seront remises à plus tard, impitoyablement renvoyées aux calendes grecques.

Comme beaucoup d’autres, cette expression nous vient de l’Antiquité, dont les contemporains n’imaginaient sans doute pas que leur trace dans l’Histoire serait celle d’éternels pourvoyeurs de formules sentencieuses dont l’explication fait le délice des fins de soupers – et des blogs raffinés.

Si notre calendrier actuel nous vient de la réforme du pape Grégoire XIII au XVIe siècle – d’où son nom de calendrier grégorien –, son contenu est pour l’essentiel issu de son prédécesseur : le calendrier julien. Introduit par nul autre que Jules César, il repose sur des années de 365 jours et 12 mois, dont le premier jour est appelé calende.

Le nouveau calendrier fut adopté par la République romaine dans la joie et la bonne humeur. Mais, à une traversée en trirème de là, un peuple n’arborait qu’une passion modeste pour ces innovations lointaines : les Grecs. Faisant montre d’un conservatisme à faire frissonner les bonnes âmes, ils n’hésitèrent pas à ne rien changer à leurs habitudes et décidèrent de maintenir leur propre calendrier, sur lequel n’apparaissaient nulles calendes.

C’est en définitive à Auguste, aussi prompt aux traits d’humour qu’à la félicité impériale, que nous devons l’expression : les calendes grecques sont donc une date qui n’existe pas, synonyme de jamais.

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