Qui défend une personne ou une cause indéfendable – telle que l’adjonction de crème fraiche dans les spaghettis à la carbonara – sera décrit par la sagesse populaire comme l’avocat du diable. Osons nous l’avouer : une telle qualification n’a rien de valorisant dans un CV.

Si la tournure gagne ses galons d’expression au XIXe siècle en désignant les personnes qui, par jeu, ruse ou volonté de choquer, prennent le parti de ce qui ne peut être défendu, elle est en réalité plus âgée. Son origine nous vient en effet des procès en béatification et canonisation menés par l’Église : lors de tels procès, il est vital de s’assurer que le saint en devenir n’a pas manifesté de comportements derrière lesquels pourrait se dissimuler la griffe du Malin. La personne chargée de ce rôle ingrat d’accusateur, traquant la (petite) Bête pour entraver la canonisation, portait ainsi le nom d’advocatus diaboli : l’avocat du diable.

Si cette joyeuse fonction ecclésiastique a été supprimée par Jean-Paul II en 1983, elle prospère largement en dehors des murs de l’Église chez ceux qui, pour faire réagir leur public, provoquer une réaction épidermique ou faire comprendre une position peu défendue, n’hésitent pas à jouer pour un temps le rôle, toujours piquant, d’avocat du diable.

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