Votre moral est en berne ; jamais vos résultats n’ont été aussi décevants et la Direction vient de vous convoquer. Vous vous sentez sur la sellette et la perspective d’être exposé au feu de la critique, et au pire d’être limogé, vous donne des sueurs froides.

Le sens premier de l’expression n’est pourtant pas tout à fait celui-là : être sur la sellette, c’est d’abord être questionné. La « sellette » – dérivé du latin « sella » (siège) – était, sous l’Ancien Régime, un petit banc en bois, inconfortable et surtout très bas. Au cours des procès criminels, l’accusé y était longuement assis durant l’ultime interrogatoire des juges, avant le prononcé de la sentence. La petite taille du banc le soumettait à une posture d’autant plus humiliante vis-à-vis des juges qui le surplombaient qu’il devait s’y maintenir les chaînes aux pieds. Même le puissant surintendant des finances de Louis XIV, Nicolas Fouquet, eut à endurer un interrogatoire sur la sellette lors de son procès instruit par les magistrats du Parlement de Paris. Quoique, précise le Recueil des défenses de M. Fouquet, « on eut préparé un siège à côté où il put s’asseoir s’il l’eut désiré ».

Dans un ultime effort pour réformer l’Ancien Régime, l’un des derniers gardes des Sceaux de Louis XVI, Chrétien-François de Lamoignon de Basville, tenta de faire cesser cette pratique en mai 1788. Toutefois, son abolition n’advint réellement qu’à la Révolution avec la loi du 9 octobre 1789 qui mit également fin à la question (la torture). Depuis, c’est debout dans le box que l’accusé répond aux juges lors de son procès.

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