À en croire sa mythologie, la Grèce antique était une vaste zone de non-droit où d’innombrables dangers guettaient quiconque mettait une sandale en dehors de la cité. Et, pour peu que le voyageur parvînt à échapper à l’un d’entre eux, il se retrouvait aussitôt nez à nez avec le suivant : tel est le sens de l’expression qui nous intéresse aujourd’hui, dont voici l’histoire.

Toujours à la recherche du chemin qui lui permettra de rentrer chez lui – chemin que le facétieux mais colérique Poséidon s’emploie à brouiller – Ulysse collectionne les aventures comme d’autres les miles aux aéroports. Après avoir échappé aux sirènes, le voilà qui doit franchir le détroit de Messine, entre la Sicile et l’Italie. Rien qui puisse faire peur à un Grec, peuple de navigateurs s’il en est. Sauf, évidemment, si l’on tient compte des deux monstres qui y tiennent le pavé : à notre gauche, Charybde, punie par Zeus pour son goût immodéré pour le bétail, transformée en un tourbillon engloutissant tout ce qui l’approche d’un peu trop près ; à notre droite, Scylla, ancienne nymphe métamorphosée en une créature à six têtes et trois rangées de dents (ce qui fait beaucoup) par la jalousie d’une rivale. Et au milieu, Ulysse et ses matelots… dont six finissent croqués tels de vulgaires nuggets.

Tomber de Charybde en Scylla, c’est donc échapper à un danger pour se retrouver la proie d’un plus grand encore. Popularisée par Jean de La Fontaine au XIVe siècle dans la fable « La vieille et les deux servantes », cette expression fera le délice de tous ceux qui pensent que la vie s’acharne sur eux !

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