La revoilà, à la faveur des universités d’été des partis politiques, des vrais et des faux départs de campagne, des candidatures revendiquées ou judicieusement « fuitées » : la langue de bois, ou comment « noyer le poisson », « habiller la mariée », répondre à côté de la question et sans le savoir, se muer en talentueux xyloglotte (du grec xylon, bois et glossos, langue).

La métaphore « langue de bois » est plus contemporaine qu’il n’y paraît. Son origine se situerait en Pologne au XIXe siècle, ou plutôt dans la partie polonaise de la Russie tsariste.  La « langue de chêne » d’alors servait à railler le style administratif rigide (et oui, le chêne est particulièrement dur) et codifié de la bureaucratie. Sous Staline, en Union Soviétique, la « langue de chêne » se serait muée en « langue de bois » pour dénoncer la phraséologie officielle – ou sovietlangue.

En France, elle serait apparue dans les années 1950 mais sa banalisation aurait réellement pris corps à la faveur du soutien au mouvement Solidarnosc en 1978-81 et de la dénonciation de la langue… de bois du régime polonais alors incarné par le général Jarulzeski.

Aujourd’hui, on le sait, la langue de bois n’est plus l’apanage ni des systèmes totalitaires, ni du personnel politique : « l’art de ne rien dire » sévit partout, y compris chez chacun d’entre nous. Pour ma part, juré, promis, craché, je commencerai à « parler vrai » dès que j’aurai mis un point final à cet article.

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