L’enfant qui sommeille en vous l’attendait depuis quelques semaines, quelques mois, voire depuis l’année précédente pour les plus sensibles à son ambiance : Noël approche ! Selon les spécialistes, il serait même carrément à nos portes, avec son cortège de cadeaux, de chansons et de films où un animal improbable sauve Noël pour la 234e fois.

Tout ceci vous enchante, mais qui dit fête dit repas de fête. Et certains d’entre nous se retrouveront demain soir en terrain hostile où la moindre faute, le moindre impair peut provoquer des répercussions aux proportions cataclysmiques – en vrac : haussement de sourcil, toux gênée, regard appuyé à votre conjoint sur le thème « Où as-tu déniché ce butor ? »

Pour ces personnes, légitimement soucieuses de soigner leur image – et leur vie conjugale – voici les 5 règles de survie indispensables en territoire festif.

 

  1. La formule de politesse interdite

Ne jamais, au grand jamais, souhaiter un « Bon appétit ».

C’est non. Les convives n’ont pas besoin que vous encouragiez le phénomène biologique qui les amène à vouloir se nourrir à se dérouler conformément aux plans. De façon générale, la bienséance nous invite à éviter toute référence aux processus naturels : il ne s’agit pas de se nourrir, mais de partager des mets (qu’on espère) de qualité. Le goinfre, l’animalité sont bannis de l’espace de la table.

À noter que si un convive souhaite à l’assemblée un bon appétit, nul besoin de le pointer du doigt en ricanant ou en lui affichant ce blog sous le nez : un simple « Merci » suffira pour être poli tout en évitant de tomber dans le piège.

  1. Identifier le coup de sifflet

Attendre que la maîtresse de maison commence à manger pour manger soi-même.

C’est un classique des repas : à partir de quand débuter sans être considéré comme un malappris ? Là encore, l’objectif est d’éviter de passer pour un goinfre soumis à son appétit : la maîtrise de soi est de mise – quand bien même la jolie caille rôtie déposée dans votre assiette commence dangereusement à refroidir. À tout seigneur tout honneur : la maîtresse de maison reçoit, c’est à elle de donner le « la » par sa première bouchée. Ce qui évitera bien des œillades embarrassées chez ceux qui se demandent quel est le signal de départ !

  1. Anticiper les mauvais coups

Éviter de prendre de trop grosses bouchées.

Cette règle répond à un double objectif : d’une part, ne pas donner l’impression qu’on vous nourrit au yaourt depuis trois semaines et que vous n’attendiez que ce repas pour enfin remplir votre estomac. D’autre part, vous permettre de réagir à tout moment à l’impondérable habituel de ce type d’évènement social : une tentative de dialogue pouvant surgir de tout côté. Étant donné que répondre la bouche pleine constitue le summum de l’effroi, il convient d’être toujours prêt à gérer une interaction sociale inattendue en évitant les bouchées trop longues à avaler – et non, inviter votre interlocuteur à attendre en faisant un petit moulinet avec la main n’est pas une option.

  1. Une histoire de couverts

Poser ses couverts sales dans son assiette, parallèlement à soi

Que faire de ses couverts une fois qu’on les a utilisés ? Il va de soi que les reposer sur la nappe serait peu judicieux, sauf à vouloir identifier votre espace comme une zone prioritaire de nettoyage. La présence d’un porte-couteau est un atout mais, de façon générale, sachez que la destination naturelle de vos couverts est tout simplement… votre assiette. Pour signifier que vous avez terminé, placez-y simplement fourchette et couteau bien parallèles dans votre assiette, sans repousser celle-ci bien évidemment !

  1. Questions à pains multiples

Finissons avec quelques règles relatives à ce compagnon fidèle de nos repas qu’est le pain. Bien que presque invisible à force d’être habituel, il concentre à lui seul un grand nombre de codes. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il incarne depuis toujours la noblesse du travail de l’artisan, et qu’il mérite donc le respect de ceux qui le consomment !

À ce titre :

  • coupez votre pain en petites portions, plutôt que de mordre dedans ;
  • la place du pain, quand il n’est pas utilisé, est sur la table, et non dans l’assiette ;
  • le pain se rompt, et ne se coupe pas ;
  • une assiette ne se sauce pas, aussi attristant cela soit-il ;
  • le pain se passe à la corbeille, et non à la main ;
  • le pain, enfin, ne se pose jamais retourné sur la table : encore une fois, montrez-lui du respect !

 

Nous espérons que ces quelques conseils sauront vous éviter de tomber dans les pièges du repas de Noël chez [insérez ici le nom d’une personne particulièrement à cheval sur les codes de bienséance], et que vous pourrez profiter du repas sans angoisse excessive.

Joyeux Noël à tous !

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